High Agency People, les Game Changers de votre produit

November 13, 2020

Shreyas Doshi a plus de 15ans d'expérience en Product Management. Il a commencé sa carrière de PM chez Yahoo, avant de rejoindre Google, puis Twitter. Depuis 2016, il est Lead Product Manager chez Stripe.

Sur Twitter, il est reconnu pour ses nombreux thread sur le Product Management. Et il y a quelques semaines, celui-ci a attiré mon attention :


La « High Agency », qu'est ce que c'est ?

Il définit la « High Agency » (Je n'ai pas de terme équivalent en français) par la capacité des gens à obtenir ce qu'ils veulent sans attendre que les tous les voyants soient au vert, ni en rejetant la faute sur les circonstances. Ils vont toujours contourner les obstacles, et tout faire pour rendre les conditions plus favorables.

Pour un Product Manager, c'est une qualité essentielle. Une capacité qui va lui permettre de faire la différence et l'aider dans l'atteinte de ses objectifs. C'est pourquoi dans son Product Management in one tweet, Shreyas Doshi place la « High Agency » dans les caractéristiques essentielles pour devenir un bon PM :

https://media-exp1.licdn.com/dms/image/C5612AQG2u3cUyPbhNQ/article-inline_image-shrink_1500_2232/0?e=1609977600&v=beta&t=SSiYRybnRzj9oceoidnAggXEZIc51na0OS2Y08I1Rng

Le talent ne suffit pas

Dans la suite du thread, il fait le lien entre talent et « Agency » via le schéma suivant :

https://pbs.twimg.com/media/EbimeOyU4AIVufx?format=jpg&name=small

Les gens les plus talentueux avec une « High Agency », sont bien évidemment les profils les plus recherchés et les plus rares. Ils seront de véritables « Game Changers » pour votre produit, rien ne les arrête.

En revanche, quelqu'un de très talentueux, mais avec une « Low Agency » sera vite en difficulté. Des « Frustrated Geniuses ». Ils connaitront quelques succès, mais échoueront vite sur le long terme face aux obstacles qui s'accumulent. Il s'agit du profil le plus commun dans les différentes organisations.

Concernant les personnes avec une « High Agency », mais avec moins de talent, (les « Go Getters ») il s'agit du second profil les plus interessant selon lui. Leur capacité à se dépasser va leur permettre de tendre vers les « Games Changers » en comblant leur manque de talent initial.

« Low Agency » vs « High Agency », la différence

Mais concrètement, quelle est la différence entre une personne « Low agency » et une autre « High Agency » ? Il illustre cela par la réaction de ces deux profils face à un même problème :

https://media-exp1.licdn.com/dms/image/C5612AQEx7PMLhJhXhQ/article-inline_image-shrink_1500_2232/0?e=1609977600&v=beta&t=L3XcC_wuer9LDYr9CmmOtnke0NgGP5-9E8ZQco_0x6w

La réaction instinctive de Bob va être de rejeter la faute sur des évènements extérieurs. Ce n'est pas de la faute de Bob, mais du « sytème » autour de lui.

A l'inverse, toutes les réactions d'Alice sont dans sa zone de contrôle. Elle a confiance dans sa propre capacité à résoudre le problème et va tout mettre en place pour y arriver.

Cultivez votre proactivité

Maintenant que nous avons vu ce qu'est la « High Agency » et pourquoi c'est important dans un rôle de PM, la question qui vient est comment la cultiver ? Comment devenir un « Game Changer » ?

La 1ère recommendation de Shreyas Doshi est de lire « The 7 Habits of Highly Effective People » de Stephen R. Covey.

Le livre y décrit notamment le principe de « cercle d'influence VS cercle des préoccupations ». Le cercle des préoccupation regroupe tout ce qui nous préoccupe : santé, enfants, problèmes au travail, actualités, etc. En regardant de plus près ce cercle de préoccupations, nous voyons que nous pouvons contrôler certains faits tandis que, sur d’autres, nous n’avons pas d’impact réel. Ceux que nous contrôlons font parties du « cercle d’influence ».

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Les « High Agency » concentrent leurs efforts sur le cercle d’influence. Ils travaillent aux faits sur lesquels ils ont un certain contrôle. Leur énergie est positive, elle a un effet démultiplicateur et élargit le cercle d’influence.

Les « Low Agency » se concentrent au contraire sur le cercle des préoccupations. Ils se focalisent sur la faiblesse d’autres personnes, sur les problèmes d’environnement et sur des circonstances qui échappent à leur contrôle.

Un autre moyen de s'améliorer, toujours tiré du livre de Stephen R. Covey, est de faire attention au type de langage que l'on utilise. Notre façon de nous exprimer va trahir notre façon de penser et d'agir, comme illustré dans le tableau suivant :

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A l'instar de Bob dans l'exemple précédent, les « Low Agency » vont utiliser un langage dit « réactif », qui démontrent qu'ils se dérobent de leurs responsabilités. A l'inverse, les « High Agency » vont utiliser un langage proactif, dans l'action et l'anticipation.

Shreyas Doshi nous donne également sa propre méthode pour s'améliorer. Il divise ainsi la « High Agency » en différents traits de caractère et compétences à améliorer :

https://pbs.twimg.com/media/Ebiqn5fVAAEYN_d?format=jpg&name=small

Il insiste sur le « Ownership Mindset », l'état d'esprit qui consiste à être toujours responsable de ses actes, comme étant le trait le plus important.

La « Creative Execution » se rapproche de la notion de hacking : il s'agit d'obtenir un résultat avec un minimum de moyen et de la façon la plus simple possible. Donc en étant créatif. Deux exemples parlants :

Pour conclure, Shreyas Doshi nous rappelle que cultiver sa « High Agency » n'est pas simple et ne se fera pas en un jour. Mais sur le long terme, en appliquant les quelques conseils donnés dans cet article, le changement peut être profond et avoir un impact majeur sur vos projets et dans vos équipes.